Dans ce premier article, je partage avec vous le résultat de ma 3e génération de déodorant fait maison! Contrairement aux autres que j’ai testés, celui-ci reste semi-solide malgré les températures estivales! Mais avant tout, histoire de motiver les troupes : Pourquoi faire soi-même son déodorant?

Deodorant fait-main resultat

Peau sensible?

Pour ma part, j’ai la peau très sensible; très peu de produits ne me créaient pas de rougeurs ou pire, de desquamation. Maintenant, plus de problème!

Transpirer, anormal? Non!

Étant convaincu qu’il fallait abolir ces cercles humides à l’aide d’antisudorifique, et ce faisant, après avoir scrappé des dizaines de t-shirts brûlés sous les aisselles par l’utilisation constante de ce type de produit, j’ai commencé à m’intéresser à la mécanique même de la transpiration et aux alternatives à ces produits, jusqu’à les fabriquer moi-même à la maison.

Transpiration et odeurs : un mal obligé? Non!

Contrairement à l’idée reçue, la transpiration ne pue pas en soi.

L’odeur est un sous-produit des colonies bactériennes présentes sous les aisselles, qui tirent avantage de l’acidité, de l’humidité et de la température contrôlée de ce milieu plein de nutriments. En effet, ces bactéries et microbes se nourrissent des corps gras (sébum) et des petites peaux mortes présentes dans ces milieux. Il n’est donc pas surprenant de sentir fort!

Les faits :

pH, acidité et bactérie = odeurs

En résumé, si l’on contrôle en amont le pH de notre peau par une hygiène adéquate, en plus d’utiliser des produits favorisant l’équilibre neutre ou plutôt basique de la peau et en choisissant soigneusement des ingrédients antimicrobiens, il s’avère assez facile de se concocter soi-même et à faible coût son propre déodorant. On y va?

 

Historique : pourquoi une 3e recette?

La première recette de déodorant était liquide (2012), fonctionnait très bien mais nécessitait parfois 2 applications par jour. Efficace, mais pas autant que les produits commerciaux. La mixture semblait aussi s’oxyder et changeait de couleur avec le temps.

La deuxième recette essayée passa du liquide au crémeux/liquide (2013). Pour une raison que j’ignore, les odeurs réapparaissaient en fin de journée humide et collante, laissant place à l’essai d’une petite variation suggérée çà et là : changer la fécule de maïs par de la fécule de tapioca. Le seul hic, c’est que cette recette est liquide en été et solide en hiver, vu la propriété de l’huile de coco qui se liquéfie au-dessus de 25 degrés Celsius et se solidifie graduellement sous cette température.

La 3e recette que j’ai essayée est celle qui m’a inspiré l’utilisation de la cire d’abeille pour stabiliser le tout, vu sa température de fusion qui dépasse la barre des 60 degrés Celsius. Ma recette actuelle est donc un heureux mélange de cette recette et des ingrédients testés précédemment.

 

La recette de déodorant :

Les ingrédients

  • 6 g de cire d'abeille
  • 40 g d'huile de coco (avec ou sans odeur, au choix)
  • 35 g de bicarbonate de sodium
  • 15 g de fécule de tapioca
  • 10 gouttes d’huile de théier
  • 10 gouttes d’huile de lavande
  • 1 contenant mou en silicone

 

Note : la recette finale est fortement inspirée de celle-ci, sans utiliser d’huile de palmarosa.

Note générale aux Montréalais : il vous sera possible de trouver tous ces ingrédients, en petite quantité, dans cette boutique.

Les étapes

1- Rassembler le matériel nécessaire :

Deodorant fait-main ingredients

Bicarbonate de soude, huile de coco bio, un réceptacle silicone dévissable (plus de 60ml), vos huiles essentielles préférées (minimum : huile de théier et/ou lavande), fécule de tapioca bio, deux pots en vitre de petite taille identique, de la cire d’abeille bio, des mitaines de four, une cuillère, un couteau (pas votre préféré, il servira à couper la cire), une pince à barbecue, et une balance électronique ayant la fonction tare (remise à zéro permettant d’exclure le poids des contenants).

 

2- Peser les liquides en devenir dans un pot en vitre (cire et huile de coco)

Deodorant fait-main peser les liquides

L’idée derrière l’utilisation d’une balance vient du fait que travailler avec la cire est extrêmement salissant. En utilisant les grammes plutôt que les volumes, on peut prendre la cire sous sa forme solide pour la peser. Pratique. Ici, la cire et l’huile de coco, avec un tare entre la prise de poids des deux ingrédients.

 

3- La fonte des liquides en devenir dans le bain-marie

Deodorant fait-main fondre les liquides

 

4- La pesée des solides dans le second pot

Deodorant fait-main peser les solides

 

5- Une fois la cire complètement fondue dans l’huile, on sort délicatement, sans trop brasser, le pot des liquides. On incorpore à la fourchette les solides dans le liquide, et si on a le temps, avant que la mixture ne fige, on y ajoute les huiles. Sinon, on refait fondre! Mélanger rapidement et insérer dans le contenant en silicone.

Deodorant fait-main ingredients fondus

Il y a risque que la cire se solidifie. Avant d’insérer les huiles essentielles, s’assurer que le mélange est quasi homogène. Les huiles essentielles perdent de leurs propriétés lorsque chauffées.

 

6- Mettre au congélateur pour éviter la séparation

Deodorant fait-main congelateur

 

Propriétés des ingrédients utilisés :

  • Bicarbonate de soude (petite vache) : pH basique, absorbe les odeurs.
  • Fécule de tapioca : épaississant, liant.
  • Huile de coco : Avec ou sans odeur (au choix!), antimicrobien, antibiotique, antifongique, hydratant.
  • Huile essentielle de théier : antimicrobien (très fort), antiseptique (fort), antifongique
  • Huile essentielle de citron : Antimicrobien (faible)
  • Huile essentielle de pin noir : Antimicrobien (fort)
  • Huile essentielle de lavande : Antimicrobien (fort), antiseptique
  • Huile essentielle de sauge : Antimicrobien (fort)
  • Cire d’abeille : Solidifie, Antimicrobien (faible : traces propolis)

 

Des ingrédients redoutables dans les produits commerciaux?

Parler de chacune des composantes des déodorants et antisudorifiques commerciaux en viendrait à écrire une série d’articles en soi. Pour une critique générale sur les déodorants, parfums et antisudorifiques, je vous invite à lire cet article du Protégez-vous ainsi que celui-ci sur les doutes actuels spécifiques et reconnus concernant la bioaccumulation d’aluminium que l’on retrouve dans la majorité de ces produits.

 

Sur une note un peu plus alarmante, vous trouverez ici le résumé d’un article paru dans 60 millions de consommateurs, l’équivalent français de notre Protégez-vous québécois. Il est intéressant de comparer les recommandations québécoises et françaises en termes de toxicité acceptable. Nos cousins invitent à carrément boycotter certains des produits testés parce qu’ils ne respectent pas leurs normes en vigueur.

 

Ici, une québécoise prend les recommandations françaises du même article et analyse les ingrédients de son déodorant préféré. En résumé, il ne faut pas tenir pour acquis que les normes en vigueur sont nécessairement respectées par les fabricants.

 

Dans le doute et lorsque possible, nos aïeux disaient : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même! »