Le 20 janvier 2017 avait lieu le premier QUINTUS@7 de l’année sous le thème du zéro déchet. Étant nouvellement installés au Café le 5e, un espace zéro déchet, nous avons trouvé intéressant d’inviter notre communauté à venir échanger avec nous autour de cette tendance qui prend de plus en plus de terrain.

C’est quoi, en gros, un mode de vie zéro déchet? Est-ce réellement possible d’y arriver? Qui y arrive et comment?

C’est le genre de questions que nous souhaitions soulever et nous avons été surpris par le nombre d'expériences qui ont été partagées lors de cette soirée. C’est justement lors de son témoignage que nous avons pu découvrir le mode de vie d’une nouvelle adepte et j’ai donc eu envie d’aller plus loin. Je souhaitais en apprendre plus sur son histoire, mais surtout vous la partager pour démontrer qu’un mode de vie zéro déchet est possible. Elodie m’a donc généreusement raconté son histoire, ses réflexions, ses difficultés, mais surtout ses trucs pour faciliter la transition. Parce que non, nous ne devenons pas « zéro déchet » du jour au lendemain.

Dans notre société actuelle, il peut sembler difficile de vivre en harmonie avec ses valeurs, alors pourquoi ne pas s’inspirer de l’histoire de Elodie!

Les débuts

C’est la lecture du livre Béa Johnson au sujet du zéro déchet qui a permis à Elodie d’amorcer sa réflexion. Elle raconte que c’est à ce moment qu’elle s’est rendu compte des défis qui l’entouraient : « Tu vois des déchets partout et tu te poses des questions : j’utilise ceci qui est jetable, mais je pourrais trouver son comparable. » Et bien sûr, le recyclage n’est pas une solution puisqu’elle demande de grandes ressources et que le système n’est pas parfait... Le meilleur déchet est celui que tu ne crées pas!

La période de transition a été le moment le plus difficile l’aventure zéro déchet d’Elodie. Les supermarchés ne sont pas conçus pour ce mode de vie, on s’y sent alors perdu et on ne sait plus quoi acheter. On perd son temps à y chercher des produits zéro déchet et on perd sa motivation. C’est pourquoi il faut changer ses habitudes d’achat pour réussir au zéro déchet.

La transition

Pour réussir au zéro déchet, une des premières étapes est de passer des épiceries traditionnelles aux épiceries en vrac et zéro déchet, puisqu’on peut y acheter sans utiliser d’emballages. En plus, ces commerces sont tout petits, donc on y perd moins de temps.

L’important, c’est de s’organiser différemment. Elodie sait toujours ce qu’elle va acheter avant de partir de la maison. Elle gagne donc du temps à l’épicerie, mais aussi à la maison parce qu’elle planifie d’avance tout ce qu’elle veut cuisiner durant la semaine. Elle raconte : « Lorsque tu cuisines, tu fais avec ce que tu as ou tu trouves des substituts. Et c’est réellement gratifiant. Mais ça peut être un échec aussi, mais l’important c’est l’apprentissage et les trucs qu’on va développer. »

Le zéro déchet c’est aussi être minimaliste

« Tu ne peux pas faire marche arrière, c’est un cycle et il ne fait que s’accélérer. » Le minimalisme et le zéro déchet sont des courants qui se rejoignent sur plusieurs points. Le minimalisme propose de désengorger son chez-soi pour avoir moins d’objets, mais des objets qui ont une valeur pour soi. On n’achète donc que des objets qui nous sont vraiment utiles, que l’on trouve beaux et qui nous dureront longtemps... et qui dit moins d’objets dit moins de ménage! Et qui dit moins de vêtements dit économie de temps pour choisir sa tenue le matin.

Les clés du succès

Pour connaître des réussites et faire face aux échecs, Elodie a quelques trucs. D’abord, il ne faut pas se juger, ni se mettre trop de pression... personne n’est parfait. Il se peut qu’un mode de vie 100% zéro déchet ne nous soit pas accessible. L’important, c’est surtout de réfléchir un peu plus aux choix de consommation que nous faisons. Par exemple, on peut facilement utiliser une gourde au lieu d’une bouteille en plastique. C’est un geste simple qui fait une différence.

Partager son mode de vie

Comme plusieurs modes de vie alternatifs, le zéro déchet peut soulever des questions dans notre entourage. Elodie raconte qu’il arrive que « les gens qui vont juger ou ne pas croire ce que tu fais. Il faut le faire pour soi, pour personne d’autre. »

Pour mieux faire connaître son mode de vie, rien ne vaut mieux qu’une activité en groupe. En partageant notre expérience, on « plante des graines » qui éveillent la curiosité chez les gens et se poussent à se renseigner.

Par exemple, pourquoi ne pas cuisiner un gâteau en famille. C’est une activité sans déchet qui permet de se connecter à nos êtres chers.

Même si c’est seulement un gâteau, c’est gratifiant de faire quelque chose par soi-même. Du coup, on devient ambassadeur du zéro déchet, en montrant son côté ludique et les découvertes qu’il permet de faire. L’important, c’est d’être en accord avec soi-même et ses valeurs et de ne jamais dire aux autres quoi faire.

Quelques trucs zéro déchet

Voici une liste de petits trucs zéro déchet qu’Elodie nous a donnés.

  • - Le site internet NousRire permet l’achat d’aliments en vrac partout au Québec.
  • - Certains ingrédients de base peuvent avoir plusieurs utilités. Par exemple l’huile d’amande douce peut servir de démaquillant et d’hydratant. Le bicarbonate de soude est utile dans les gâteaux... et pour récurer la maison!
  • - C’est facile de fabriquer son nettoyant tout usage : on laisse macérer des pelures d’orange dans du vinaigre. Ça fait un nettoyant efficace pour plusieurs surfaces, à senteur d’agrumes!
  • - Quelques contenants sont des essentiels pour éviter d’utiliser leur version jetable : une tasse à café, des sacs à vrac, des pots à vrac, etc.
  • - En région, il peut être plus difficile de faire ses courses en mode zéro déchet. Ça n’empêche pas qu’on peut apporter nos plats et nos pots pour certains produits, même dans des épiceries. Il faut oser demander aux commerces d’utiliser ses propres contenants. Ça ne coûte rien d'essayer et tant que tu n’essaies pas tu ne sauras pas. On est parfois surpris par l’accueil favorable des commerçants. Parfois, cela permet même de semer la graine du changement.
  • - Rechercher l’autocollant zéro déchet. Il identifie les commerces « amis du zéro déchet ».

En terminant, Elodie nous rappelle que le zéro déchet n’est pas facile, mais que c’est accessible. « On peut échouer. C’est comme arrêter de fumer : au début c’est une montagne, et un jour à la fois tu réalises que ce n’est pas si pire et un certain moment tu peux voir tout le chemin parcouru. »

Pour continuer la réflexion, lisez la page Facebook du futur festival zéro déchet à Montréal.