Le 8 septembre dernier, Cataléthique invitait le public, à la Maison du développement durable, pour le premier cocktail-conférence de la saison. capture-decran-2016-09-29-a-12-04-32

Animée par Sonia Paradis de la Fabrique éthique de Montréal, Christine Harding (Vestechpro), Chantal Malboeuf (Les Ateliers à façon) et Jean-Claude Poitras (Designer, artiste multidisciplinaire et communicateur) ont tenté de faire le point sur le sujet.

Et si la réponse à toutes ces questions était la même? Changer de recette! Le thème: Mode, made in Québec : retour vers une production locale et durable?

Le contexte: le Québec doit trouver un moyen de se démarquer pour se forger une place durable dans l’industrie. Mais est-ce que cela veut nécessairement dire: «reprendre l’ancien modèle et l’adapter aux tendances du marché» ?

Selon Jean-Claude, «on est en plein virage» ! Il pense que le Québec est prêt à prendre ce tournant! Oui, l’industrie a perdu beaucoup de plume… alors, comment le raviver?

  • Penser différemment et voir au-delà des structures actuelles
  • Collaborer et revaloriser
  • Laissons place à toute créativité possible pour innover
  • Amusons-nous !

Le Québec est sans aucun doute un berceau de créativité. Alors, pourquoi ne pas oser, innover et penser différemment ? L’audace de faire autrement pour se positionner, ici, et à l’échelle internationale. Il faut y croire et prendre action pour avancer! Rebâtir la fierté québécoise, s’imposer et savoir se rendre intéressant pour faire parler de nous ! De beaux défis pour les années à venir ;-)

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PENSER DIFFÉREMMENT

Notre époque de surconsommation nous démontre que nous sommes allés beaucoup trop loin. L’air du prêt-à-porter à l’air du prêt à jeter. Nous avons habitué le consommateur à un type de consommation «fast fashion» et maintenant on doit en payer le prix?

À qui est-ce qu’on doit réellement demander de s’adapter? L’industrie ou le consommateur? C’est si simple de jeter la pierre aux autres. Remettre la faute au prochain. Mais le défi ici s’adresse à tout le monde. L’industrie doit s’adapter, mais le consommateur doit également accepter de payer le prix de cette consommation dite plus saine, locale et responsable. Car oui, si on souhaite que la production locale revienne, on devra y mettre le prix. L’effort. Le vouloir!

Ensuite, il faut avoir le courage de penser différemment! Si nous avons déjà été capables de le faire pour d’autres secteurs, pourquoi serait ce impossible pour le secteur du textile ? C’est maintenant un fait. Les manufacturiers devront changer la nature de leur entreprise et sortir de leur zone de confort en mettant en place de nouveaux modes de fonctionnement.

Une entreprise ne peut pas facilement survivre seule. Nous devons plus que jamais allier nos forces et travailler ensemble! Le Québec a le plus grand nombre de petites entreprises, alors pourquoi ne pas concevoir que le «pluridisciplinaire» est la solution cherchée pour le futur?

Il faut arrêter de travailler en silo, de manière individuelle, et s’unir! Nous ne sommes pas compétiteurs. Nous sommes, au Québec, majoritairement de petites entreprises qui ne demande qu’à survivre. Nous devons donc mélanger les équipes, redéfinir les titres et repenser les équipes. Des équipes où tout le monde aura sa voix.

REVALORISATION

Le Québec doit littéralement affirmer sa personnalité. La journée où nous serons fiers, réellement, et que nous ferons valoir nos forces et notre travail à leur juste valeur, à ce moment précis, oui l’industrie renaîtra… l’industrie s’éveillera!

Selon Christine, la valorisation est le point le plus important. Si on ne valorise pas nos métiers, ce ne sera pas possible d’offrir de la bonne qualité et d’être compétitif à l’international.

Dans l’industrie du textile, nous sommes confrontés aux réalités de notre marché. Nous manquons de couturières, nous n’avons plus d’école de «coupeur» et il faut nous-mêmes former les gens. Mais nous avons besoin de gens pour recevoir cette connaissance… Le travail est donc le double ! Il faut motiver et valoriser un savoir en plus de trouver et former une relève qui malheureusement s’intéresse de moins en moins à ce type d’industrie. Ce qui est valorisé et pris au sérieux à Paris ne l’est pas nécessairement ici. Et ce prix-là, le consommateur doit également le comprendre. Investir dans notre dollar canadien, c’est bon pour tout le monde!

CRÉATIVITÉ

Des solutions, il y en aura toujours. À celui qui veut bien les voir. Il faut simplement être conscient que le modèle actuel a atteint ses limites et qu’une nouvelle conscience de la mode, et des modes de consommation, est en train de naître. Nous avons le savoir et les moyens, mais nos industries ne sont pas assez «fortes» financièrement pour être crédible à 100% à l’international. J’y vois ici un beau défi. L’industrie de la mode se doit de trouver des solutions écologiques, locales et innovantes. Est-ce que le «slow fashion» deviendra donc LA solution?

Chantal proposait la création d’un tissu entièrement biodégradable qui pourra simplement être mis au composte à la fin d’une saison. Intéressant! Pourquoi ne pas aller encore plus loin… Utiliser des teintures végétales pour remplacer les couleurs trop toxiques actuellement utilisées? Qui propose mieux?

Repenser le modèle demande donc de tout repenser. Ensemble. De nos manières de travailler et de consommer, aux matériaux utilisés, aux processus de création, au transfert de connaissance et, surtout, repenser et voir au-delà des limites. Pourquoi accepter des limites que seuls nous sommes en moyen de nous imposer?

Et si justement on ne se mettait aucune limite… quelle serait votre vision de demain ?