Depuis quelques années, les abeilles disparaissent des ruches. Le phénomène est si grave qu’on lui a donné un nom : le syndrome d’effondrement des colonies. Un apiculteur protège les ruches de ses abeilles pour qu’elles y passent l’hiver et quand il revient au printemps, elles ne sont plus là. Qu’est-ce qui se passe?

abeille sur fleur Crédit photo: Jörg Prohaszka pour pixabay

Si ce phénomène est si inquiétant, c’est parce que les abeilles ne font pas que nous donner du miel. Grâce à la pollinisation qu’elles effectuent, elles sont responsables du tiers de l’alimentation mondiale. C’est dire qu’on aurait de la difficulté à s’en passer!

Trouver les raisons possibles de la mortalité des abeilles n’est pas difficile. Elles sont fréquemment attaquées par des parasites ou des champignons. Elles subissent les contrecoups de la monoculture qui diminue la diversité des fleurs dont elles se nourrissent. Elles sont affectées par les pesticides qui sont épandus dans les champs dans le but de tuer les insectes qui pourraient nuire aux récoltes.

Mais comment expliquer que des colonies entières d’abeilles disparaissent sans laisser de trace? Si la cause était une maladie, on trouverait des abeilles mortes dans les ruches, mais ce n’est pas le cas ici.

Grâce à l’effort de chercheurs d’un peu partout dans le monde, on croit avoir trouvé le coupable. En fait, ce sont les néonicotinoïdes, une sorte d’insecticide utilisé partout sur la planète, qui affectent le système nerveux des abeilles. Plus précisément, ce pesticide attaque leur sens de l’orientation et leur mémoire. Ainsi, lorsqu’elles quittent la ruche, elles ne sont plus capables de trouver le chemin du retour.

En Europe, des actions ont été posées rapidement après cette découverte. Depuis le 1er décembre 2013, il est interdit d’utiliser trois types d’insecticides de la catégorie des néonicotinoïdes, autant pour arroser les plants, pour enrober les semences que pour traiter le sol. On espère ainsi pouvoir renverser la vapeur et mettre fin au syndrome d’effondrement des colonies.

Les néonicotinoïdes

Les néonicotinoïdes ne sont pas utilisés seulement lorsqu’une invasion d’insectes menace les récoltes. On les utilise plutôt de manière préventive, par exemple pour recouvrir les semences avant de les planter. Avec les années, ces insecticides s’accumulent dans l’environnement. Ainsi, les plantes, mais aussi le sol et les cours d’eau environnants en contiennent de grandes concentrations. Les néonicotinoïdes ne nuisent pas seulement aux abeilles, mais aussi aux insectes qui se trouvent dans le sol, comme les vers de terre, aux autres insectes pollinisateurs, aux poissons et même aux oiseaux insectivores.

Comment aider?

De votre côté, que pouvez-vous faire? En achetant des fruits et des légumes biologiques, on encourage les agriculteurs qui n’utilisent pas d’insecticides, et qui participent donc à garder les abeilles en santé.

Qu'en est-il des abeilles sauvages?

Et qu’en est-il des abeilles sauvages, des bourdons et des guêpes? Puisqu’elles sont de proches cousines des abeilles domestiques qu’on utilise pour le miel et pour la pollinisation des champs, on peut penser qu’elles subissent les mêmes perturbations. Malheureusement, les chercheurs qui veulent étudier ce problème ont plus de difficulté à obtenir du financement, puisque ces insectes n’ont pas la même valeur commerciale que les abeilles domestiques. Pourtant, elles nous sont toutes aussi importantes, parce qu’elles participent à la pollinisation de nos jardins, des fleurs sauvages et des écosystèmes naturels.

Cependant, on sait qu’une des plus grandes difficultés des abeilles sauvages vient des champs de monoculture et des villes qui créent de grandes surfaces où elles ne trouvent pas de fleurs pour se nourrir.

Qu’on habite à la ville ou à la campagne, il est donc possible d’aider les abeilles sauvages. C’est facile, il suffit de faire pousser des fleurs! Lorsqu’on a un grand terrain, on peut laisser une petite partie en friche pour que les fleurs sauvages s’y multiplient. On peut aussi ajouter des graines de trèfle dans son gazon, puisque les abeilles les adorent. Si on n’a qu’un balcon, on peut le garnir de plantes qui seront toutes aussi agréables pour nous que pour les insectes.

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